Une semaine après les violences et les pillages qui ont secoué Lyon, les autorités ne prennent aucun risque. Ce samedi matin, les forces de l'ordre ont multiplié les déploiements dans le centre-ville pour empêcher la formation de rassemblements interdits.
À 12h25, la préfecture du Rhône faisait état de 17 interpellations depuis le début de la matinée, pour des faits liés à des attroupements et à la détention d'armes ou de stupéfiants.
Plus tôt, vers 11h, un groupe d'individus avait été dispersé par les forces de sécurité intérieure dans le secteur de la Manufacture des tabacs.
Malgré les nombreux appels relayés sur les réseaux sociaux, la mobilisation restait limitée dans la matinée, notamment entre la place des Terreaux et le parc de la Tête-d'Or.
Confluence sous surveillance, l'Hôtel de Ville barricadé
Le dispositif de sécurité est particulièrement visible autour des lieux jugés sensibles.
Dès le début de la matinée, l'Hôtel de Ville de Lyon avait été barricadé, alors que ses abords étaient quasiment déserts.
Un important dispositif des forces de l'ordre bouclait également le centre commercial Confluence, l'un des sites particulièrement surveillés après les pillages du 17 octobre.
La station de métro Part-Dieu a également cessé d'être desservie dans la matinée.
Dans les rues commerçantes, la crainte de nouvelles dégradations pèse sur l'activité.
Des rassemblements annoncés dans toute la ville
Pour cet acte II, les autorités anticipent entre 20 000 et 25 000 participants dans l'agglomération lyonnaise, après une précédente mobilisation marquée par 199 interpellations.
Mais les organisateurs semblent privilégier une multiplication des points de rendez-vous plutôt qu'un cortège unique.
Des appels à se rassembler circulent notamment pour les places Bellecour, Carnot, des Terreaux, des Jacobins, de la Croix-Rousse ou encore Jean-Macé.
Certains lieux de rendez-vous changent au dernier moment. Un rassemblement initialement annoncé à 9h30 devant le parc de la Tête-d'Or a ainsi été déplacé vers la place des Terreaux.
Cette multiplication des appels, dont certains pourraient être destinés à détourner l'attention des forces de l'ordre, complique le déploiement du dispositif de sécurité.
Les manifestations interdites jusqu'à 23h
Pour éviter une répétition des événements du 17 octobre, la préfecture a interdit les manifestations et rassemblements revendicatifs de 10h à 23h dans une vaste partie de Lyon.
L'interdiction concerne notamment toute la Presqu'île, de la place des Terreaux à Confluence, ainsi que plusieurs secteurs de la Part-Dieu, des Brotteaux, de la Guillotière et du Vieux Lyon.
Les recours déposés par Solidaires et la Ligue des droits de l'Homme contre ces restrictions ont été rejetés vendredi soir par le tribunal administratif.
Les transports en commun TCL restent susceptibles de connaître des perturbations ponctuelles en fonction des interventions des forces de l'ordre.
L'attention se porte désormais sur le début de l'après-midi, plusieurs appels à manifester ayant été fixés à partir de 14h dans différents quartiers lyonnais.
