La place Saint-Jean ne verra finalement pas se déployer la banderole de 20 mètres annoncée pour dimanche 16 août. Le préfet délégué pour la défense et la sécurité, Antoine Guérin, a signé jeudi un arrêté interdisant le rassemblement prévu à 18h autour du "Save Europe Act".
La mesure ne se limite pas au Vieux-Lyon : l’interdiction s’applique à l’ensemble du territoire de la Métropole de Lyon. La manifestation avait été déclarée auprès des services de l’État le 11 août.
Deux camps annoncés dans le même secteur
Le rendez-vous avait rapidement suscité une mobilisation opposée. Un contre-rassemblement présenté comme "antifasciste et antiraciste" était annoncé devant la cour d’appel de Lyon, avec le soutien de plusieurs organisations et collectifs, dont Young Struggle Lyon, Nous Toutes Rhône, Lyon Antifa, l’UNEF Lyon, Extinction Rebellion Lyon, Attac Rhône et le NPA Anticapitaliste 69.
Quelques jours auparavant, la CGT du Rhône avait également demandé à la préfecture d’empêcher la tenue du rassemblement "Save Europe Act", dénonçant des idées qu’elle qualifiait de "racistes, obscènes et en contradiction avec les valeurs et principes républicains".
C’est surtout le risque de confrontation entre militants que les services de l’État mettent en avant. L’arrêté évoque "l’antagonisme récurrent et violent" entre les mouvances d’ultra-droite et d’ultra-gauche dans le département et redoute que les deux mobilisations attirent des groupes susceptibles de provoquer affrontements et dégradations.
La disponibilité des forces de l’ordre entre aussi dans l’argumentaire préfectoral. Elles doivent notamment être mobilisées pendant ce week-end du 15 août pour une rencontre de football jugée sensible à Grenoble ainsi que face à la menace d’un rassemblement automobile illégal.
Les organisateurs qui maintiendraient une manifestation interdite s’exposent à six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Les participants peuvent, eux, faire l’objet d’une contravention de quatrième classe.

