Cette fois, il n’y a pas eu de match. Véronique Sarselli a été élue ce jeudi 26 mars à la présidence de la Métropole de Lyon avec 91 voix sur 150, scellant la bascule politique du territoire… et ouvrant une nouvelle ère.
Première femme à accéder à ce poste stratégique, la maire LR de Sainte-Foy-lès-Lyon s’impose avec une large majorité, portée par le bloc Grand Cœur Lyonnais. Seule ombre dans ce plébiscite : un élu de sa majorité manque à l’appel.
Dans les faits, le scrutin était joué d’avance. En face, l’opposition n’a pas pesé :
• 55 bulletins blancs,
• 3 voix pour l’insoumise Fatiha Didaoui,
• et même une voix pour Bruno Bernard, ancien président écologiste.
Mais au-delà des chiffres, c’est surtout l’attitude d’un élu de la majorité qui interroge. Sur les 92 attendus, un seul n’a pas voté pour Sarselli. En coulisses, plusieurs regards se tournent vers le maire de Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet, dont les relations avec la nouvelle présidente sont notoirement tendues.
Une rupture assumée avec l’ère écologiste
À peine élue, Véronique Sarselli a donné le ton. Et il tranche clairement avec celui de son prédécesseur. Dans un discours offensif, applaudi debout par une grande partie de l’hémicycle, à l’exception notable des écologistes et des élus LFI, elle a promis une nouvelle méthode.
Et son premier message vise directement Lyon et son maire écologiste, Grégory Doucet : "Pour dialoguer, il faut être deux. La ville centre doit prendre en compte les communes aux alentours". Une pique à peine voilée, dans un contexte de cohabitation politique tendue.
Audit, finances, grands projets : les premières annonces
Sur le fond, la nouvelle présidente annonce un changement de cap immédiat.
Elle promet notamment :
• un audit indépendant des finances de la Métropole et du Sytral,
• une gestion "rigoureuse" de l’argent public,
• et une approche plus offensive sur le développement économique.
"On ne finance pas les grands projets sans création de richesses", a-t-elle insisté, assumant une ligne plus pro-croissance.
Côté transports, la rupture est encore plus nette. Véronique Sarselli confirme l’abandon du projet de tramway semi-enterré TEOL, porté par les écologistes, pour relancer à la place le métro E entre Lyon et l’ouest lyonnais.
Dans une conclusion très personnelle, la nouvelle présidente a posé sa signature politique : "Je ne suis pas une femme de détours. On peut être déterminée sans être brutale, sincère sans être naïve."
Fait notable, le maire PS de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, a salué un discours "qui laisse augurer des possibilités de travail commun".
Un signe que, malgré les clivages, certaines alliances ponctuelles pourraient émerger ces 7 prochaines années.
L’après-midi doit désormais être consacrée à l’élection des vice-présidents.

