Le verdict des urnes redessine profondément le paysage politique lyonnais. Après une élection extrêmement disputée, Grégory Doucet conserve la mairie avec 46 sièges, tandis que Jean-Michel Aulas s’impose à la tête d’une opposition solide de 27 élus. Une configuration qui annonce un mandat sous haute tension.
Avec 50,67 % des voix au second tour, Grégory Doucet a sauvé son fauteuil de maire, mais sans dégager de large avance politique.
Sa majorité repose sur un bloc de 46 conseillers municipaux, issus d’une coalition élargie allant des écologistes aux socialistes, en passant par les communistes et des représentants de Place Publique.
Fait notable : sept élus issus de La France insoumise, pourtant présents sur la liste d’union, ont annoncé vouloir siéger en opposition. Une décision qui pourrait fragiliser l’équilibre interne de la majorité.
Des visages reconduits… et des absents de poids
Parmi les figures reconduites, plusieurs adjoints sortants conservent leur siège, à l’image de Stéphanie Léger, Audrey Hénocque ou encore Gautier Chapuis.
Mais cette nouvelle mandature marque aussi des départs. Plusieurs élus de la majorité sortante ne feront pas leur retour au conseil municipal, dont la députée socialiste Sandrine Runel ou encore certains adjoints, écartés en raison de leur position sur la liste.
Face à cette majorité relative, Jean-Michel Aulas dispose de 27 sièges, un score conséquent qui lui permet d’incarner une opposition organisée et potentiellement influente.
Autour de lui, son groupe Cœur Lyonnais rassemble des profils variés : élus de droite, du centre, mais aussi des figures issues de la société civile.
Parmi eux, on retrouve notamment le maire LR du 2e arrondissement Pierre Oliver, l’ancien adjoint Yann Cucherat ou encore l’ex-député Thomas Rudigoz.
Avec une majorité moins confortable qu’en 2020 et une opposition renforcée, les équilibres s’annoncent délicats.
Si les élus insoumis confirment leur positionnement en dehors de la majorité, et si des dissidences apparaissent au sein des groupes de gauche, certains dossiers pourraient se retrouver bloqués.
Le fonctionnement du conseil municipal dépendra donc largement de la capacité des différentes forces à trouver des compromis.
Aulas entre Ville et Métropole
Autre inconnue : le rôle que jouera Jean-Michel Aulas dans la durée. Le candidat battu a laissé entendre qu’il pourrait privilégier son action à la Métropole plutôt que son mandat municipal.
S’il devait finalement démissionner, cela entraînerait l’entrée de la suivante sur sa liste au conseil municipal.
La première réunion du nouveau conseil municipal est prévue ce vendredi, avec l’élection officielle du maire.

